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  • 14 février 2021 //

    Exposition Serge Mendjisky

Villes du Monde
Du 1er au 14 février 2021

Les lieux culturels étant fermés au public, l’exposition est reportée à une date ultérieure.
C’est sur Internet que va s’ouvrir une première découverte des œuvres de l’auteur.

Le Centre Culturel de Vitry, en partenariat avec la librairie associative Livres en luttes et le fonds de dotation Mendjisky – Écoles de Paris, présente l’exposition « Villes du Monde » par Serge Mendjisky.

« Villes du Monde » rassemble une quinzaine de photographies marouflées sur toiles datant des années 2000 et représentant des paysages urbains de Paris, Moscou, New York, Istanbul, Casablanca, Rabat, Fès et Venise.

Note biographique

Serge Mendjisky, 2011. A l’atelier, Paris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Né en 1929 et décédé en 2017 à Paris, Serge Mendjisky étudie aux Beaux-Arts. Fils du peintre d’origine polonaise Maurice Mendjizky (1890-1951) qui fait partie de la première École de Paris *, il côtoie les grands noms de la peinture, parmi lesquels, Picasso et Dunoyer de Ségonzac. Admirateur de Van Gogh et de Cézanne, Serge Mendjisky ajoute à sa passion pour le dessin un intérêt pour le divisionnisme entre les années 50 et 2000. Dans les années 60, il est influencé par le fauvisme, avant de s’emparer, dans les années 90, de la macrophotographie pour revisiter les codes du pop art. Il devient un artiste reconnu et expose en Europe, au Japon et aux États-Unis.

En 2000, après 40 ans de peinture, il s’intéresse de plus près à la photographie qui a toujours fait partie de ses travaux préparatoires, et avec laquelle il poursuit et précise désormais sa recherche ultime de la « couleur de l’air ».

Avec la photographie, il pose son regard sur plusieurs villes mythiques dans le monde. À partir de centaines de clichés travaillés et découpés, il reconstitue une unité visuelle en collant, dans un agencement singulier, des fragments d’images sur toile.

« À travers ces collages insolites, Serge Mendjisky nous fait surtout voyager à travers le temps et l’espace en nous poussant à méditer sur les contradictions de notre époque ».               Fédorovski.

Le travail de Serge Mendjisky donne à voir une vision multidimensionnelle du monde qui, à la manière des cubistes, mêle le visible et l’invisible, dans une déconstruction analytique. Dans les années 60, Picasso avait d’ailleurs prédit que Serge Mendjisky réinventerait le cubisme à travers la photographie !
Ce travail qui déstructure les perspectives, couleurs, lignes et plans établit de nouveaux rapports entre Temps et Espace.

Rencontre

Nous avons rencontré Patricia Mendjisky qui a partagé sa vie pendant 37 ans. Installée à Vitry depuis peu, elle a toujours suivi et promu le travail de son mari.

Pourriez-vous nous parler de son parcours artistique des années 50 aux années 2000 ?
Il commence à peindre à la fin des années 50.

SAINTE-VICTOIRE AUX SAPINS – 1962, 73×50 cm.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ses premiers tableaux sont inspirés du fauvisme, avec des couleurs franches et une construction cézanienne, comme les paysages de la Sainte Victoire, l’un de ses sujets de prédilection. Rapidement, il vit de sa peinture en exposant. A la fin des années 60, il s’éloigne du fauvisme, éclaircit sa palette et adopte la technique de Seurat et de Signac : le divisionnisme.
Il privilégie les sujets postimpressionnistes tels que les paysages, les nus et les natures mortes. Au début des années 90, grâce à la macrophotographie, il adapte sa technique à un cadrage plus contemporain et revisite les codes du pop art.

SMOKING – 1989, 92×65 cm.

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment en vient-il à développer le perspectivisme ?
En 1999, il présente une exposition sur les reflets dans l’eau à Paris. Toujours en quête de changement, il s’intéresse aux centaines de clichés, en particulier ceux de ses études préliminaires sur les reflets, qu’il conserve dans son atelier et entame un long travail de recherche.
Il se rend compte que sa démarche ne peut aboutir que s’il y incorpore la troisième dimension. C’est de ce constat que nait le perspectivisme**.
Un matin, après des mois de recherche, il termine son premier photomontage élaboré avec cette technique, qui représente le Pont Neuf. Des critiques et galeristes viennent voir son travail à l’atelier ; c’est un grand succès. L’un d’eux lui conseille de travailler sur New York, puis les commandes s’accumulent et il porte son regard sur de nombreuses villes : Istanbul, Moscou, Venise, Paris, Fès, etc…

PONT NEUF CARRE – 2003, 100×100 cm.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il crée toute sa vie jusqu’à son décès en 2017, travaillant parfois la sculpture et la mosaïque qui n’étaient pas ses modes d’expression principaux, mais qui l’aidaient à se ressourcer.

* La première École fait référence aux nombreux artistes étrangers, souvent originaires d’Europe Centrale, installés dans le quartier Montparnasse entre 1905 et 1939 : Maurice Mendjisky, André Lanskoy, Serge Poliakoff…
** Perspectivisme (2000-2015) : Le sujet est d’abord photographié sous tous ses angles et faces, puis l’artiste sélectionne les photographies les plus représentatives de l’ensemble et les développe à des échelles différentes, avant de les découper en bandes verticales de différentes longueurs. L’artiste déstructure ensuite son sujet avant de le reconstruire. Par une intuition créatrice, le paysage urbain photographié change de perspective et donne à voir toutes ses faces sur un même plan.

Bon à savoir

Son fils Igor Mendjisky, acteur et metteur en scène, présentera au Théâtre des Bouffes du Nord du 3 au 21 mars 2021 « Les Couleurs de l’air », un spectacle inspiré de la vie de son père. Écriture et mise en scène : Igor Mendjisky, dramaturgie : Charlotte Farcet.

Plus d’infos

Plus d’informations sur l’artiste : www.mendjisky.com

Prologue numérique à l’exposition sur le chaîne YouTube du Centre Culturel
à venir… vers le 15 février : www.youtube.com/channel/UCRr1KK5-ddwI6UhLkUp0KqA