en ce moment

  • 19 mars 2021 //

    Que dire sans paraître • 8 > 19 mars

par Isabelle Mouedeb
Exposition de dessins et sculptures

du 8 au 19 mars 2021
HÔTEL DE VILLE de Vitry/Seine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À l’occasion du 8 mars 2021, Journée internationale pour le droit des femmes, l’association Femmes Solidaires (comité de Vitry), s’associe au Centre Culturel de Vitry pour proposer l’exposition « Que dire sans paraître » par Isabelle Mouedeb, artiste peintre, sculptrice et céramiste, dont la source d’inspiration est l’évocation des corps féminins.

8 mars, Journée internationale pour les droits des femmes.

 

 

 

Femmes Solidaires, association issue en 1945 de l’Union des Femmes Françaises et des Comités Féminins de la Résistance, est reconnue Mouvement d’Éducation Populaire, bénéficie d’un statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies, est affiliée au Réseau International Féministe et Laïque et au Comité interafricain contre les mutilations sexuelles féminines.

Mouvement Féministe fort de 190 comités en France, Femmes Solidaires défend les valeurs fondamentales de laïcité, de mixité, d’égalité et de défense des droits des Femmes, d’universalisme, de paix et de liberté.

En cette longue période de pandémie qui touche plus particulièrement les femmes et les enfants, le Comité de Vitry-sur-Seine est resté mobilisé avec plusieurs associations solidaires pour agir contre la précarité et les violences. Parce que l’égalité Femmes-Hommes passe aussi par l’accès à la Culture, bien précieux et essentiel pour l’émancipation des femmes et la défense des artistes, actrices et acteurs de nos vies, Femmes Solidaires (comité de Vitry) a souhaité promouvoir le travail de l’artiste Isabelle Mouedeb.

 

Isabelle Mouedeb

 

 

 

 

 

 

 

Transformer, modeler, graver la matière, empreindre le passage du feu, telle est la démarche d’Isabelle Mouedeb. En peinture comme en sculpture, sa source d’inspiration est avant tout dans l’évocation des corps féminins. La force, la vie qui se dégage de ces femmes – Amazones, Causeuses, Femmes cendrées – est liée aux mouvements, aux traces des mains qui les ont façonnées. Elle aime aussi, créer des objets aux formes épurées que lui inspire la nature, en grès gravé ou en raku craquelé.

Sculptrice et céramiste, Isabelle Mouedeb est installée à Villejuif. Diplômée de l’École supérieure des Arts Appliqués Duperré en Céramique en 1999, Isabelle Mouedeb initie et partage sa passion de la céramique avec différents publics. Grâce à la transmission de ses techniques universelles, elle contribue à faire connaître cet Art Premier. Isabelle Mouedeb poursuit son rôle de passeur en professant au Musée des Arts Décoratifs à Paris (les Ateliers du Carrousel). Parallèlement, elle pratique l’art thérapie dans le cadre d’ateliers Terre avec l’association Aurore.

 

Évocation des corps féminins

Isabelle Mouedeb, SONIA,
Craie grasse, 2005, 35x70cm.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peinture et céramique

Pour Isabelle Mouedeb, qui travaille beaucoup avec les modèles vivants, hommes et femmes, « les corps parlent à travers les postures, les formes« . L’artiste cherche à « sublimer les corps », c’est-à-dire, contribuer, à travers le regard artistique et la sensibilité partagée, à « rétablir un rapport au corps apaisé et une forme de simplicité dans le rapport à la nudité, en dehors de visions commerciales, politiques ou religieuses, pour revenir à notre simple humanité ».

Elle réalise le plus souvent ses peintures avec les doigts et les termine à la craie, noire ou blanche, mais adapte toujours sa technique au modèle. Elle crée ses sculptures en céramique avec deux techniques principales : le raku et l’enfumage.

 

Le Raku

Isabelle Mouedeb, GRAND PLAT,
Raku, 2008, 40x40cm.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le raku, abréviation du terme japonais « raku-yaki », est une technique de cuisson traditionnelle japonaise, avec laquelle le potier façonne les bols destinés à la cérémonie du thé.

Le raku suppose toujours deux cuissons, l’une pour la terre, la seconde pour les couleurs : les émaux. Dans le cas du raku, l’artiste-céramiste intervient lors de cette deuxième cuisson. Le principe consiste à sortir les pièces du four lorsque celui-ci atteint une température comprise entre 900°C et 950°C, qui correspond au point de fusion de l’émail, utilisé pour napper les objets. Ce procédé provoque un choc thermique extrêmement puissant qui fait craqueler l’émail. On dit alors que l’émail « chante » !

Les pièces encore très chaudes sont ensuite plongées dans des bassines remplies de sciure de bois qui s’enflamme à leur contact. Puis, il s’agit d’étouffer les flammes, pour ne conserver que la fumée, contenant du dioxyde de carbone qui noircit les parties non couvertes d’émail, et s’infiltre dans les craquelures pour les révéler. L’artiste peut choisir d’alterner surfaces noires et mates, et surfaces émaillées craquelées brillantes. En atmosphère réductrice, certains émaux métallisent. Pour finir, les pièces sont plongées dans l’eau. Chaque pièce est unique, car son procédé de fabrication est soumis au hasard et aux éléments.

 

Les enfumages

Isabelle Mouedeb, LA GRANDE SCULPTURE,
Terre enfumée, 2011, 180x35x30cm.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’origine africaine, l’enfumage intervient une fois le « biscuit »* élaboré. Les sculptures sont alors plongées dans des bidons, percés remplis de sciure de bois, de journal, de paille. L’artiste enflamme alors ce mélange et surveille que la sciure se consume, doucement, pendant 2 à 3 jours.

« Le temps en céramique, c’est de la température », ce qui permet d’atteindre 800°C au cœur du foyer, pour fixer les oxydes et noirs de fumée.

* En céramique, le « biscuit » désigne la pièce qui n’a subi qu’une première cuisson.

 

Rencontre avec Isabelle Mouedeb…

Que pouvez-vous nous dire de la situation de la femme dans le monde artistique et en particulier, dans le monde de la céramique ?

Aujourd’hui grâce aux différents modes d’enseignements artistiques, la céramique est plus accessible à toutes et tous.

Avant nous, des femmes ont eu le courage d’ouvrir la voie en revendiquant leur place dans ce milieu historiquement masculin. Toute la société s’est engagée dans cette évolution.

Pour ma part, j’ai eu la chance d’être accompagnée et soutenue dans mon parcours par une grande céramiste, Valentine Schlegel, qui a fait partie de ces femmes pionnières dans la céramique.

La crise sanitaire actuelle a impacté le secteur culturel. Cela a aggravé bien sûr, la situation des artistes en général, qui connaissent pour certains, une grande précarité. Dans une époque où tout va très vite, avec les nouvelles technologies, les céramistes cultivent l’éloge du geste, de la pièce unique. Quelle place allons-nous imaginer pour que les savoir-faire des métiers d’art puissent continuer à s’exercer ? En matière de formation et de transmission des techniques de la céramique par exemple, des aspects qui me sont très chers, on observe une hausse de l’offre privée. Dans le même temps, de plus en plus d’artistes inscrivent leur travail dans une dynamique collaborative.

La céramique est présente dans toutes les cultures, ses techniques ancestrales me permettent de faire connaitre cet Art Premier. Mes techniques d’ « enfumage » sont inspirées par les potières du Mali et une rencontre avec une potière éthiopienne. « Le Raku » est une technique de cuisson japonaise liée à « la cérémonie du thé ».

Le travail de la terre a cela de particulier qu’il est universel et renferme de ce fait une symbolique importante, à défendre.

Comment appréhendez-vous la figure de la femme dans vos créations ?

Pour moi, les corps parlent à travers les postures, les formes. Je travaille beaucoup avec les modèles vivants, hommes et femmes. Je peins le plus souvent avec les doigts, puis je termine mes dessins à la craie, noire ou blanche. Pour d’autres, ce sont des techniques mixtes, la façon de faire est adaptée à chaque modèle.

Pour modeler la terre, je laisse la matière guider mes mains. Les personnages se révèlent au fur à mesure du travail, du moment. J’aspire à contribuer, à travers le regard artistique et la sensibilité partagée, à rétablir un rapport au corps apaisé et une forme de simplicité dans le rapport à la nudité, en dehors de visions commerciales, politiques ou religieuses, pour revenir à notre simple humanité.

C’est dans cette dynamique que nous nous retrouvons avec l’association Femmes Solidaires (comité de Vitry).

 

Événement organisé par le Centre Culturel de Vitry, à l’initiative de l’association Femmes Solidaires (comité de Vitry), avec le soutien de la ville de Vitry-sur-Seine.

 

 

 

Plus d’informations sur l’artiste : http://isabelle-mouedeb.fr/
Femmes Solidaires : https://femmes-solidaires.org
Femmes Solidaires (comité de Vitry) : femmesolidaires.vitry@hotmail.fr

Informations pratiques
Hôtel de ville de Vitry/Seine
Hall de marbre
2, avenue Youri-Gagarine • 94400 Vitry-sur-Seine
Ouvert du lundi au vendredi
du 8 au 19 mars 2021
Fermé vendredi 12 mars
de 9h à 12h et de 13h30 à 17h30